Conte : la première entrée
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En septembre 1904, deux jours avant la rentrée, HERMINE FAUCHER, la première
institutrice vint s'installer chez moi. Toutes les deux, nous attendions impatiemment
l'arrivée des enfants. Nous étions prêtes à les recevoir dans ma belle classe qui sentait
bon le bois neuf.
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Nous avions hâte d'entendre la craie dure glisser sur le tableau noir. Nous nous
imaginions nos premiers enfants (de 7 à 14 ans) traçant avec application, plusieurs pour
la première fois, les lettres de l'alphabet. Le grand tableau noir, à la vue de tous, affichait le programme de la journée, depuis le B-A-BA jusqu'à la douloureuse analyse grammaticale. A la vue de tous, c'était un argument incontestable contre les pertes de temps et l'indiscipline. "La souris(i) Trotte-Menu(u) de MON PREMIER LIVRE DE LECTURE épie (i) les "u"; qu'on trace sur les ardoises. Les billes du boulier compteur se bousculent joyeusement. Une plume gratte un cahier chatouilleux: un buvard vient soulager les égratignures laissées par un exercice d'écriture encore tout frais... La maîtresse circule dans les allées et interrompt parfois les rêveries par une leçon appliquée d'hygiène et de bienséance, en tirant une oreille mal nettoyée ou en claquant sa règle sur les doigts des impolis...Au fil des heures, la journée s'écoule et vient le temps de sortir les calepins pour noter les devoirs et les leçons du soir." (Cahier, Ecole de rang II, Authier, Abitibi, pages 7 et 8) |