Conte : le confort était modeste
|
Je n'avais pas encore beaucoup de confort à offrir à tous ces enfants, mais j'avais l'essentiel. En entrant, on se trouvait dans le vestibule où des crochets étaient alignés sur deux murs pour suspendre son manteau. Il y avait un côté pour les filles et un autre pour les garçons. Une autre porte et voilà que l'on se retrouve au cœur de la classe.
|
|
| La pièce est bien ordonnée et même moi, je me sens intimidée en face des pupitres à deux places, bien alignés en trois rangées de quatre pupitres chacune. En avant, tout près du mur, on voyait un immense tableau noir au pied duquel était couchée la tribune où était bien assis le bureau de Mlle l'institutrice ainsi que sa chaise droite. Quatre fenêtres éclairaient la pièce et un bon poêle trônait derrière les rangées de pupitres. A droite de ce poêle à deux ponts, une porte s'ouvrait sur la chambre de la "maîtresse". |
|
Une partie de cet essentiel se trouvait à quelque dix pieds (3 mètres) caché aux regards des passants. C'étaient les "chiottes" plus communément appelées "bécosses". Une brise de l'est me rappelait leur présence. Quelqu'un s'étant plaint aux Commissaires que les enfants de mon école étaient les seuls de la région à devoir affronter les rigueurs de l'hiver dans une "bécosse", il fut décidé, vers 1917, de me construire une annexe dans laquelle on trouvait une remise pour le bois de chauffage et les fameuses toilettes sans eau que l'inspecteur était seul à appeler latrines. Ce n'était pas encore le grand luxe, mais dans ce temps-là, rien n'était facile et le progrès n'avançait pas vite sur les routes de campagne.
|
|
|
| |
Pour moi, ce rapprochement me permit de lire sur des feuillets découpés, de larges extraits de «L'Action catholique» ou de «L'Union des Cantons de l'Est» qui servaient de papier de toilette avec , parfois, les "patrons" pour vêtements. |